Agnès Martin-Lugand – Les gens heureux lisent et boivent du café

Agnès Martin-Lugand - Les gens heureux lisent et boivent du caféLa curiosité est un vilain défaut. Et je l’ai appris à mes dépens, avec le roman phare d’Agnès Martin-Lugand : « Les gens heureux lisent et boivent du café ».

Soyons honnêtes : le titre m’a dupée. Il explique pourquoi, alors que je fouinais en librairie, je me suis arrêtée sur le roman. Je n’en connaissais pas l’auteur. Google et quelques clics plus tard, j’apprends qu’Agnès Martin-Lugand s’est d’abord auto-éditée sur Internet avant de connaître le succès chez Harlequin – pardon, je veux dire chez Lafon. « Les gens heureux… » s’étant vendu en masse en e-librairie, il paraîtrait que Lafon soit tombé sur la tête et ait décidé de reprendre Martin-Lugand dans sa collection. Un lendemain de veille, sans doute.

Mais toujours est-il que cette histoire d’auto-édition est parvenue à titiller ma curiosité. Et à me faire commettre deux actes irréparables : achat et lecture. Je dis irréparable car Dieu ! que c’est mauvais. Non mais vraiment, qu’est-ce que c’est mauvais ! Moi qui ai attribué deux étoiles au dernier Bruckner, mais que dire des « Gens heureux… » ? En comparaison, Bruckner mérite un Prix Nobel de littérature. Si vous ne me croyez pas, lisez « Les gens heureux… ». Ou plutôt non, que dis-je ? Ne le lisez pas. Vous allez perdre votre temps, votre argent, votre vie, votre confiance en vous et en l’humanité – qui sait ?

« Les gens heureux… » traite – ou devrions-nous dire, se donne pour ambition de traiter – du deuil. Diane (encore fraîche et belle, série Harlequin s’entend) perd mari et enfant dans un tragique accident de la route. Déprimée à ne plus savoir en vivre (elle retrouvera l’amour très vite, ne vous inquiétez pas), elle erre dans l’espace-temps à ressasser le passé et à pleurer les êtres chers et perdus. Jusqu’au jour où, tentant désespérément de se reprendre en main, elle s’accorde une dernière chance dans l’exil en terre irlandaise. L’Irlande où elle aura pour voisin un jeune homme – au physique de Brad Pitt, précisons – franchement taciturne mais dont elle parviendra à percer les secrets. Et pour lequel, vous l’aurez compris, elle développera des sentiments ambigus.

Et il n’y a rien à ajouter. Voilà son histoire.

Je ne descendrai pas en flèche Martin-Lugand en vous signalant que Diane ira jusqu’à s’effriter avec une bombe sexuelle du nom de Megan (et au physique de la Fox), forcément mauvaise parce que bombe sexuelle (vous suivez ?) pour gagner le cœur de Brad Pitt, alias Edward – qui se la coule douce, n’ayant plus que l’embarras du choix.

C’est un monde d’hommes qu’il chantait, l’autre ?

Ce livre m’a un temps fait penser aux navets que mes sœurs et moi regardions à la télé, adolescentes, et dont on commentait la moindre débilité entre deux fous rires. D’ailleurs, elles sont les seules personnes auxquelles je le recommanderais. Mais en souvenir de ce temps-là. Car je sais qu’elles en riraient. Et je pourrais rire avec elles. Notamment de ce passage, qui ne peut être le pire – hélas!

— Explique-moi ce qui se passe. Depuis que je suis arrivée, je nage en plein cauchemar. La salope qui est de retour, Edward qui cogne sur le premier mec qui t’approche, et toi qui joues la chienne en chaleur au pub (…) — C’est qui la salope ? — Megan. Qui veux-tu que ce soit d’autre ? — Tu traites la femme de ton frère de salope ? — Où es-tu allée pêcher que c’était sa femme ? Si mon frère était marié, je le saurais ! — Pourtant, elle s’est présentée comme telle, et il n’a pas démenti. — Quel con. (Agnès Martin-Lugand, Les gens heureux lisent et boivent du café, Paris, Lafon, 2013, p.203)

Pathétique ? Le mot est faible.

Outre d’avoir donné suite à ma curiosité, je regrette de ne pas avoir ajouté la catégorie oubliettes à ce blog. Cela aurait évité de devoir ranger ce roman quelque part. Car c’est là un honneur qu’il ne mérite pas.

Sans surprise, on l’aura compris – une étoile.

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4 réflexions sur “Agnès Martin-Lugand – Les gens heureux lisent et boivent du café

  1. Le Tigre dit :

    Bah mince, je ne peux plus le lire, après une telle descente en règle je ne parviendrai pas à faire mieux. C’est horrible de dire cela, mais le filtre des éditeurs semble parfois servir à quelque chose…
    Salutations félines

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    • Mehtap Teke dit :

      Pour connaître ta plume, je suis confiante : tu peux faire tout aussi bien – si ce n’est mieux. Dommage pour « Les gens heureux… », n’est-ce pas ? J’aimais bien cette histoire d’auto-édition qui finit chez un grand éditeur.
      Au plaisir!

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