Alessandro Baricco – Soie

Alessandro Baricco - SoieMes très chers amis – vous qui me lisez, mille excuses. Je pensais pouvoir vous livrer chaque semaine une chronique que je voulais drôle, intéressante, engageante. Mais ce ne sera pas le cas ce mardi. J’ai tenté de – il va sans dire. J’ai rédigé maints brouillons de ce billet sur « Soie » mais aucun ne valait la peine d’être lu. Alors je les ai effacés. Les uns après les autres. Et je les ai remplacés par celui-ci – que je sais d’avance insipide et pesant. De quoi vous laisser perplexes. Soit.

D’ores et déjà faut-il vous préciser : je n’ai rien contre Alessandro Baricco. Au contraire. Je m’étais empressée de le faire passer en tête de pile – pourtant longue – de livres qui traînent chez moi. « Soie » se lit rapidement. Cela avait penché sur la balance. Je me voyais l’expédier en trois heures, tout au plus – si, si ! D’ailleurs, contrairement à ce qu’on en dit dans le monde littéraire, « Soie » est une nouvelle. Il se lit comme telle et n’a de roman que le nom. Et n’en déplaise du côté de Stockholm, je ne suis pas friande de nouvelles. « Soie » m’a, en toute logique, rebutée.

En soi toutefois, le livre peut charmer. C’est une histoire très aérienne ; celle d’Hervé Joncour – personnage candide ; un peu niais, aussi – qui, tentant de sauver son commerce de vers à soie menacé par la pébrine touchant l’industrie au dix-neuvième siècle, effectue plusieurs voyages dans un Japon encore féodal et périlleux pour y subtiliser des œufs en bonne santé et les ramener en France. Par le plus grand des hasards, au cours de son premier périple sur la route de la soie, il fait la connaissance de l’illustre seigneur Hara Kei qui, étonnamment, le prend sous son aile et l’invite à séjourner chez lui. L’histoire aurait pu se limiter à cette intrigue voltairienne si ce n’est que, comme il fallait s’en douter – et c’est là que le bât blesse – notre héros tombe amoureux de la maîtresse d’Hara Kei, une étrange jeune fille aux yeux bien atypiques – comprenez par-là, caucasiens. S’ensuit alors une histoire d’amour impossible et des plus banales ; une histoire interdite qui se livre à demi-mot et dont on n’entrevoit jamais tout à fait les conséquences – et encore moins le dénouement.

Et ce surplus de subtilité m’a contrariée. Je n’ai pas été charmée par cette amourette. Je suis incapable de commenter ou de noter « Soie » parce que sa trame m’a filé entre les doigts. Dans l’ensemble, je n’ai pas aimé l’histoire. Toutefois je le reconnais, « Soie » peut plaire. Il est possible de succomber à ce roman sensuel et épuré, et en assimiler l’essence. Ce passage, pour l’exemple, en donne un avant-goût objectif.

Plus tard, au fumoir, Hervé Joncour, chancelant du trop d’alcool qu’il avait bu, s’approcha d’un homme qui, assis, seul, à une table, regardait devant lui, une expression vaguement ahurie sur le visage. Il se pencha vers lui et lui dit lentement – Je dois vous communiquer quelque chose de très important, monsieur. Nous sommes tous répugnants. Nous sommes tous merveilleux, et nous sommes tous répugnants. (Alessandro Baricco, Soie, Paris, Gallimard, 2001, pp.89-90)

Il y a juste que I Me Mine, nous ne sommes pas parvenues à saisir la raison derrière ce conte délicieux où légèreté flirte avec pureté. Non que je puisse manquer d’entendement – quoique. Mais ça n’a pas marché. Il n’y a pas eu d’accroche. Confontrée à la finesse de l’intrigue, j’ai refusé de me laisser prendre au jeu. J’ai battu en retraite. On en rirait presque mais – pour le dire autrement : Baricco n’est pas responsable de ma réserve ; je suis la seule fautive.

Parce que « Soie » a toutes les chances de recueillir votre bon jugement, mes très chers amis mais a tout de même manqué d’obtenir le mien – deux étoiles.

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8 réflexions sur “Alessandro Baricco – Soie

  1. Meral dit :

    Mais comment tu fais pour lire un livre en une semaine ?? Chapeau! J attends aussi la semaine prochaine pour lire ya prochaine critique😊

    J'aime

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