François Cheng – Cinq méditations sur la mort, autrement dit sur la vie

François Cheng - Cinq méditations sur la mort, autrement dit sur la vieNous allons tous mourir. Vous, moi – un jour, nous allons mourir. Nous n’en connaissons ni l’heure ni les circonstances mais la mort viendra. C’est une fatalité. Nul n’y échappera et il n’y a rien qui puisse se faire. Pourtant la mort est nécessaire. En mettant un terme à la vie, elle garantit son intérêt. Et l’emprise du temps sur la vie conduisant à la mort, vous comprendrez que les trois éléments sont en fait liés et constituent la vérité absolue : la seule des certitudes. Tout ce qui a un commencement a une fin etc. La clé de la sagesse : l’accepter et cesser de vouloir combattre ce qui ne peut être vaincu. Faire la paix avec la mort pour se réconcilier avec la vie. Et que tout aille bien. C’est succinctement là le résumé des « Cinq méditations sur la mort, autrement dit sur la vie » de François Cheng, cette métaphysique de la mort écrite au soir de sa vie.

Il y a quelques années, cet esthète décomplexé de quatre-vingt-quatre printemps avait publié un livre où, élogieux, il méditait et discourait sur la beauté. Dans ses « Cinq méditations sur la mort », le célèbre calligraphe et poète français reprend l’idée pour cette fois se pencher sur la mort et ainsi faire l’éloge de la vie. Une prouesse littéraire qu’il doit à sa maîtrise des mots et qui nous rappelle que non ! son statut d’Académicien, il ne le démérite pas.

En lisant ses méditations, on comprend qu’effectivement François Cheng est plus érudit. Plus talentueux et plus sage aussi, et éparpillant à la face du monde – et sans disgrâce – des preuves de ce talent. De quoi se sentir intimidé, comparé. François Cheng brille sans chercher à briller. Et en dépit de cette indéniable supériorité sur tous, en tout et pour tout, il parvient encore à conserver son humilité. En atteste son ouvrage qui, sans prétention ni condescendance, se veut dépeindre la mort pour ce qu’elle est : la continuité de la vie.

« Cinq méditations sur la mort » est en fait la confidence d’un homme qui, à l’âge qui est le sien, choisit de lever le tabou sur la mort pour en souligner les vertus. Sans pédanterie ni complaisance aucune. Avec pour seule ambition : boucler la boucle. Car tout est dans tout. De quoi souligner l’originalité de l’œuvre.

Sans devenir, il n’y aurait pas de vie ; la vie n’est vie qu’en devenant. Dès lors, nous comprenons l’importance du temps. C’est dans le temps que cela se déroule. Or le temps, c’est précisément l’existence de la mort qui nous l’a conféré ! Vie-temps-mort est un tout indissociable (…) On ne peut échapper à ces trois entités concomitantes et complices qui déterminent tout phénomène vivant. Car si le temps nous paraît un terrible dévoreur de vies, il en est en même temps le grand fournisseur. (François Cheng, Cinq méditations sur la mort, autrement dit sur la vie, Paris, Albin Michel, 2013, pp.20-21)

En fait – un livre sur la mort qui fait aimer la vie.

Parce que – « Cinq méditations sur la mort », ce sont les paroles d’un homme empli d’une grande sagesse ; celle acquise au terme de longues années passées à méditer sur la mort – et donc, sur la vie. Quatre étoiles.

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