Jonathan Coe – Expo 58

Jonathan Coe - Expo 58Je l’ai lu ! Le dernier bébé de Jonathan Coe, je l’ai lu. Et Dieu sait que je l’ai attendu. Depuis sa parution l’an dernier je n’ai fait que vivre dans l’attente de sa version française. Des mois à traquer l’information, le cœur battant – à la Eva. Des mois à n’en plus savoir dormir ! Et des semaines encore à attendre de le recevoir. Vous imaginez dès lors l’état d’esprit dans lequel je me trouvais lorsqu’enfin un beau matin, il fut fait mien. Deux soirées pour en venir à bout. Son titre : « Expo 58 ». Une histoire à la chute vertigineuse – et vertigineuse ! qui se déroule dans ma Belgique natale. De quoi succomber. Lire la suite

Christian Bobin – La part manquante

Christian Bobin - La part manquanteDimanche dernier, il est arrivé une chose bien étrange. Alors que je somnolais, étendue nonchalamment sur un transat au bord d’une piscine à peine occupée, croupissant sous une chaleur étonnamment accablante pour un début de soirée, je fus dérangée par les rires d’un bambin que j’entendais barbouiller dans l’eau depuis un long moment déjà. Ouvrant à demi l’œil, agacée il faut l’admettre, je vis que son père s’amusait à l’éclabousser, jouette. La scène était d’une futilité somme toute insignifiante. Sauf que – et j’en fus estomaquée ! l’enfant riait de bon cœur. En fait – il riait tant et si bien, d’une force et avec une telle candeur, que j’en fus profondément troublée. Car il me semblait assister là au premier fou rire d’une vie. Je me suis demandé si ce gamin de quelques mois se souviendrait de cet instant lorsque, dans trente ans, il aurait mon âge – et moi le double. L’idée m’a attristée. Le spectacle était d’une telle authenticité qu’il aurait mérité de rester graver dans nos mémoires. Dans celle de l’enfant – pour l’avoir vécu ; dans la mienne – pour en avoir été le témoin. Et tel un Lamartine – à un lac près ; pestant contre le temps qui emporte toute merveille en ce monde, j’ai songé à Christian Bobin. Lire la suite

Yachar Kemal – Tu écraseras le serpent

Yachar Kemal - Tu écraseras le serpentIl y a deux raisons qui me font aimer Yasar Kemal. La première, c’est que j’attache une grande importance à la méritocratie. Indépendamment du succès rencontré, il n’y a rien de glorieux à réussir sans avoir morflé. Et Yasar Kemal en a morflé. La seconde, c’est que Yasar Kemal me ramène à mon père et à ma mère. A mon père parce que – il est Kurde mais refuse de se considérer comme tel, il a abandonné l’école très jeune pour gagner sa croûte et il se trouve très à gauche sur l’échiquier politique. A ma mère parce que – elle a lu tout Yasar Kemal, elle lui voue un culte sans faille et elle porte en elle la nostalgie de la vie passée dans les villages et les montagnes. Lire la suite