Mohamed Kacimi – La confession d’Abraham

Mohamed Kacimi - La confession d’AbrahamJe n’ai rien contre les religions. Les gens peuvent croire en ce qu’il leur plaît de croire – et à leur guise. Il y a juste que j’aime me complaire dans le luxe de ne croire en rien, bien que – et pour reprendre Sartre – mon scepticisme m’empêche d’être athée. Toujours est-il que les histoires de messie me laissent indifférente. Au final – et conséquence honteuse de la chose – Abraham m’est peu familier. Je ne connais de lui que le sacrifice commis eu égard à la volonté divine – ce qui est peu de chose, il va sans dire. Ouverte à tout pourtant, j’étais disposée à lire Mohamed Kacimi qui a romancé l’histoire d’Abraham et lui a donné une parole fictive. Abraham aurait-il sacrifié son fils sans sourciller ? Et si les faits avaient été différents du mythe que l’on s’en fait ? Si Abraham, tourmenté par l’horreur de son geste, avait vécu son rapport à Dieu tel un fardeau ? Alors bien sûr, on y croit à moitié dès lors que discerner la fiction de la réalité dans les textes sacrés relève du ramdam. Mais alors ! je vous laisse imaginer quand Kacimi s’en mêle. Lire la suite

Harold Cobert – Un hiver avec Baudelaire

Harold Cobert - Un hiver avec Baudelaire Parfois, la littérature française m’ennuie. Non que j’envisage d’un jour la bouder – comment pourrais-je ? Mais il faut toujours que mes attentes soient balayées. Il existe évidemment – et heureusement – des exceptions – de celles qui confirment la règle. Mais il semblerait – contrairement à leurs homologues anglo-saxons – que les auteurs français ne soient plus aussi pertinents qu’antan. Je devrais en dresser une liste tant les accusations de mauvaise foi me pendent au nez ! mais bien trop souvent pourtant, les romans français adoptent des airs de scénarios hollywoodiens. Vous savez, ces histoires trop peu crédibles et bien trop mielleuses. Vous me direz – c’est là le rôle d’une fiction, enfin. Mais – vraiment ? Ce constant happy end ; ce scénario simplifié, surjoué, improbable ? Et avec « Un hiver avec Baudelaire », il a fallu que le sympathique Harold Cobert tombe lui aussi dans les travers de ce piège made in USA. Lire la suite

Sébastien Bonnemason-Richard – Je n’ai de goût qu’aux pleurs que tu me vois répandre

Sébastien Bonnemason-Richard - Je n'ai de goût qu'aux pleurs que tu me vois répandreSébastien Bonnemason-Richard est un petit malin. En choisissant un alexandrin de Jean Racine, tiré de la Prière d’Esther, pour titrer son premier roman édité chez Alma, il devait bien se douter qu’il attiserait la curiosité, le fourbe. Je n’ai de goût qu’aux pleurs que tu me vois répandre. Forcément – l’attraction est galvanisée. Même si ! pour être honnête, je n’ai pas reconnu de suite les vers de Racine. J’oscillais entre Corneille, Mirbeau et Baudelaire (oui, j’ai honte). Il m’a fallu de l’aide pour les resituer. Et trente secondes de lecture en diagonale de la célèbre prière pour décider que le roman de Bonnemason-Richard ne pouvait être un mauvais choix. Mais vous le devinez – j’avais tort. Lire la suite