Jonathan Coe – La pluie, avant qu’elle tombe

Jonathan Coe - La pluie, avant qu’elle tombe« Si je ris de toute chose ici-bas, c’est pour n’en pas pleurer. » C’est ce que Lord Byron a dit. Alors Jonathan Coe l’écrit et moi je le lis. Et comme tout être mal énamouré – et donc tourmenté, j’ai parcouru l’œuvre de Coe et disséqué son style, roman après roman, mue par la volonté d’y trouver ce qui le rend unique : la comédie sarcastique. Les allusions à ce cynisme qui singularise. Un humour propre qui décape et se fout de tout et du sort ! dissimulant sous le rire la mélancolie de la fiction. Si j’ai dû lire à peu près tout de Jonathan Coe, c’est dernièrement que j’ai découvert son roman le plus iconoclaste et dérangeant : « La pluie, avant qu’elle tombe », qui se dépêtre de la signature humoristique de l’auteur. Quand le comique rend l’âme, la tristesse persiste. Lire la suite

Roger-Pol Droit – Si je n’avais plus qu’une heure à vivre

Roger-Pol Droit - Si je n'avais plus qu'une heure à vivreQue feriez-vous si  je vous disais que là tout de suite il ne vous restait qu’une heure à vivre ? Trois mille six cents secondes avant le passage à trépas. Le néant (ou l’éternité, qu’importe). Prenez la peine de considérer très sérieusement la chose et de jouer le jeu. Vous verrez : c’est tout bénef. L’écoulement du temps démarre. Prenez une grande inspiration, faites le vide autour de vous et pendant une minute, réfléchissez-y. Ne vous croyez pas obliger de partager la réponse toutefois. Vous pouvez tout aussi bien la garder pour vous – et j’insiste ! nul ne mérite de connaître ce que vous feriez de vos soixante dernières minutes. Elles sont précieuses et c’est seul que vous affronterez la mort, voyez-vous. Mais enfin – une fois la question posée, acceptez la réalité : votre mort inévitablement un jour viendra et il n’y a rien que vous puissiez faire pour contrer cela. Ou alors si ! la promesse d’accomplir ce que vous feriez si vous étiez condamné à mourir. Car après tout et en réalité : vous l’êtes. Lire la suite

François Cheng – Cinq méditations sur la mort, autrement dit sur la vie

François Cheng - Cinq méditations sur la mort, autrement dit sur la vieNous allons tous mourir. Vous, moi – un jour, nous allons mourir. Nous n’en connaissons ni l’heure ni les circonstances mais la mort viendra. C’est une fatalité. Nul n’y échappera et il n’y a rien qui puisse se faire. Pourtant la mort est nécessaire. En mettant un terme à la vie, elle garantit son intérêt. Et l’emprise du temps sur la vie conduisant à la mort, vous comprendrez que les trois éléments sont en fait liés et constituent la vérité absolue : la seule des certitudes. Tout ce qui a un commencement a une fin etc. La clé de la sagesse : l’accepter et cesser de vouloir combattre ce qui ne peut être vaincu. Faire la paix avec la mort pour se réconcilier avec la vie. Et que tout aille bien. C’est succinctement là le résumé des « Cinq méditations sur la mort, autrement dit sur la vie » de François Cheng, cette métaphysique de la mort écrite au soir de sa vie. Lire la suite